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Quatre visites en deux mois. Après un report de son déplacement samedi 16 décembre au Liban à la suite de l’avarie technique du Falcon 900 du gouvernement, la cheffe de la diplomatie française, Catherine Colonna, est arrivée dimanche matin à Tel-Aviv. L’objectif : réitérer la solidarité de la France avec les victimes des massacres du 7 octobre, tout en haussant le ton en faveur de la cessation des combats dans la bande de Gaza, où les intenses bombardements israéliens se poursuivent. Paris s’est d’ailleurs dit «préoccupé au plus haut point» par la dégradation de la situation humanitaire dans l’enclave. Ces éléments de langage confirment l’inflexion de la position française dans cette guerre, alors que l’armée israélienne est accusée par de nombreuses ONG de commettre des «crimes de guerre» dans cette offensive meurtrière.
A sa sortie de l’avion, Catherine Colonna a été accueillie par son homologue, Eli Cohen. La ministre a très vite appelé à une «nouvelle trêve immédiate et durable» dans la bande de Gaza, alors que la riposte israélienne après l’attaque terroriste du Hamas a déjà fait près de 19 000 morts, dont 70 % de femmes et enfants, selon le Hamas. Un peu plus tôt, dans une déclaration commune, le Royaume-Uni et l’Allemagne avaient eux aussi appelé à un «cessez-le-feu durable» mais n’avaient pas demandé que celui-ci soit «immédiat». Alliés historiques de l’Etat hébreu, les Etats-Unis ont fait monter la pression sur les autorités israéliennes ces derniers jours, les incitant à passer à une phase moins intensive de leur offensive afin de protéger les civils. «Trop de civils sont tués», a confirmé Catherine Colonna à l’issue de la rencontre, rappelant que trois Français sont toujours «disparus ou otages dans la bande de Gaza». Vendredi, l’armée israélienne avait annoncé avoir récupéré la dépouille de l’otage franco-israélien Elya Toledano, kidnappé par l’un des commandos du Hamas lors du festival de musique Tribe of Nova, le 7 octobre.
«Cadeau pour le Hamas».
Malgré ces inquiétudes grandissantes, Eli Cohen, connu pour être l’une des personnalités les plus modérées du gouvernement de Benyamin Nétanyahou, a martelé la position de son pays : un appel au cessez-le-feu serait une «erreur», même un «cadeau pour le Hamas.» La cheffe de la diplomatie française a également évoqué avec le porte-parole de Tsahal la mort d’un employé du Quai d’Orsay dans un bombardement israélien survenu mercredi soir à Rafah, dans le sud de l’enclave palestinienne. L’agent, dont l’identité a été révélée dimanche soir par plusieurs députés, travaillait pour l’Institut français de Gaza depuis 2022. Ahmad Abu Shamla avait fait le choix de ne pas évacuer et de rester auprès de ses quatre plus grands fils. Il était réfugié dans la maison d’un de ses collègues du consulat général de France lorsqu’il a été tué. Samedi, Paris a condamné ce drame et exigé que «toute la lumière soit faite dans les plus brefs délais».
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