L’article ci-dessous (ledevoir.com) est intéressant car il révèle fidèlement l’air du temps sur l’antisémitisme en France.
Selon www.ledevoir.com: « Depuis le massacre du 7 octobre 2023, on estime que 5000 Juifs ont quitté la France, une augmentation de 100 % comparée aux années précédentes. Après la Russie et les États-Unis, la France est le pays qui fournit chaque année le plus de nouveaux immigrants à Israël. En septembre, plus de 3000 familles se sont inscrites au Salon de l’Alyah qui se tient chaque année à Paris.
Cette progression va de pair avec celle des actes antisémites déclarés, qui ont progressé de 284 % entre 2022 et 2023 pour atteindre le record de 1676, selon le ministère de l’Intérieur. Loin devant les catholiques, eux-mêmes suivis des musulmans, les Juifs sont l’objet de 50 % des actes antireligieux, alors qu’ils représentent moins de 1 % de la population (450 000).
Une époque bénie aujourd’hui terminée
« J’ai mal à ma France », dit Maurice Dahan, qui songe à partir. « Je m’y prépare, mais ce n’est pas si simple », dit-il, ne serait-ce que pour faire reconnaître ses diplômes de dentiste. Son frère qui était radiologiste à Marseille travaille aujourd’hui par imagerie de Jérusalem pour des laboratoires français. Président du consistoire israélite du Bas-Rhin, qui représente les 20 000 Juifs de la région, Maurice Dahan est arrivé avec ses parents à l’âge de cinq ans de la petite ville de Béni Mellal, au Maroc. « L’école israélite venait de fermer. Mes parents ne voulaient pas aller à Casablanca ni à Marrakech. Ils cherchaient une école juive. L’une des meilleures se trouvait à Strasbourg. C’est ici qu’on a décidé de s’intégrer. »
« J’ai vécu l’époque bénie de la Ve République. Dans le club de sport, on avait de bons rapports avec les Maghrébins. Plusieurs sont encore mes patients et, même depuis le 7 octobre, ne craignent pas de venir prendre un café en terrasse avec moi. » Mais, avec les plus jeunes, ce n’est plus la même chose, dit-il. « Ils ne savent même pas où se trouve la Palestine. Intoxiqués par un discours d’extrême gauche, ils se sont mis à importer un conflit qui se déroule à 4000 kilomètres d’ici. La cause palestinienne est devenue leur aphrodisiaque. Si j’entre dans une manifestation palestinienne, je ne survis pas plus de trois minutes. »
M. Dahan n’ose plus porter sa kippa à Paris ni au-delà d’un certain périmètre à Strasbourg. Récemment, deux Tchétchènes armés d’un couteau ont vandalisé le mécanisme du mât de sa synagogue parce qu’y flottent en permanence les drapeaux français et israéliens.
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